De la maison à la véranda

La liaison entre la maison et la véranda est souvent un dilemme. Quand elle est partie intégrante d'un projet architectural naissant, la question ne se pose pas : une circulation naturelle est établie dès les plans, souvent sous la forme d 'une large ouverture, comme on en trouve entre un salon et une salle à manger. Il en va autrement quand la véranda est installée par la suite et vient s’adosser à un mur percé de fenêtres et généralement d'une porte débouchant sur ce qui était jusqu'alors une simple terrasse ou une issue de communication vers l'extérieur.

Cette configuration classique induit différentes questions : faut-il conserver les portes et fenêtres d'origine ou au contraire les supprimer ; faut-il procéder à une nouvelle décoration du mur qui, de paroi extérieure de la maison devient soudain mur intérieur, que I 'on peut décorer comme tel ; faut-il prolonger l'installation électrique, de chauffage et éventuellement de climatisation. En clair faut-il conserver à ce mur un aspect et une fonction de façade ou bien l'intégrer dans un ensemble global qui comprend le logement et la véranda.

Les réponses méritent d'être nuancées. Le premier réflexe est de se demander pourquoi créer un espace de vie dans le prolongement d'un salon ou d'une salle à manger si c'est pour l'isoler du reste de la maison en conservant portes et fenêtres. Certes, mais il faut prendre la peine de s'interroger sur un certain nombre de points avant de jeter ces huisseries aux orties.

  • La première question à se poser est d'apprécier le potentiel de chauffage et éventuellement de rafraîchissement de l'installation existante et de se demander si, une fois en libre communication avec le reste de la maison, la véranda ne sera pas une soirée de refroidissement l'hiver ou de chaleur I ‘été ; un espace totalement in­ contrôlable sur le plan thermique, sauf à avoir intégré cette problématique dans la conception et l'équipement de la véranda, au moment de sa construction.
  • La seconde question concerne la sécurité et revient à s'interroger, en fonction de la localisation de la maison et de la véranda, pour savoir si celle-ci offre une protection suffisante aux agressions éventuelles. La réponse ne sera évidemment pas la même si la véranda donne sur l 'espace ouvert d'une rue passante ou si elle est orientée vers le jardin clos de murs dans une petite ville de province.
  • La troisième question touche à la décoration et à l'impact visuel que pourra avoir un mur de façade privé de ses huisseries et offrant des ouvertures béantes sur la véranda. Si, dans certains cas l'effet peut être acceptable (enjouant l'effet "décors de théâtre »), c'est pourtant rarement le cas. Le mieux est le plus souvent de reconsidérer la structure même de toute la façade, en occultant les fenêtres et en agrandissant la porte. Tout cela devra bien sûr être confié à un professionnel pour ne prendre aucun risque avec ce mur forcément porteur qu'est la façade.

Dans tous les cas ou presque, et principalement quand on supprime les fenêtres, la liaison entre la pièce à vivre d'origine et la véranda devra intégrer le prolongement de nombreux réseaux - électricité, téléphone et TV, voir réseau communicant, alimentation en eau et éventuellement évacuation, chauffage et si nécessaire climatisation. C'est à ce prix que la véranda pourra acquérir vraiment le statut et les fonctionnalités d 'une vraie pièce supplémentaire, pouvant bénéficier, à ce titre, de tous les équipements de confort du reste de la maison